Il était une fois, au pays des rêves, la où les Hommes de petite taille erraient dans leur plus grande ignorance, une pensée multicolore prénommée Idéa qui virevoltait au son des mots.

Ce pays était sans aucune limite, comme un cercle sans circonférence ni centre.

Des paysages multicolores passaient du rouge au pourpre, de l’état solide à celui de liquide ; à des formes carrées, puis rondes. Tout était possible. Tout se transformait en un clin d’œil. Le monde pouvait s’effondrer puis se reconstruire, avoir l’air d’une pomme avec de grands yeux bleus pour devenir un ogre mangeur de maisons. Aucun sens, aucune direction ; Pas de passé, un présent déjà passé et encore moins de futur.

Idéa, petite pensée aux formes suaves, nourrissait la volonté de parcourir cet infini espace en toute liberté, sans contrainte ni conditionnement.

Hélas, Elle avait une fâcheuse tendance à se heurter au sale caractère des gigantesques croyances qui revêtaient d’énormes limitations et dévoraient toutes les volontés, petites ou grandes osant s’opposer à leur royaume. Il était imprudent de se mesurer à leur grandeur sans prétendre recevoir une punition par leur puissant gardien.

Résignée à errer dans le désir de fuir et l’attachement de sa propre nature, idéa se mit à réfléchir.

Elle se questionna encore et encore au point d’en avoir mal à la tête. Idéa, enfermée dans son propre raisonnement, ne pu trouver la solution et des larmes de tristesse coulaient sur ses joues rosées. Elle tenta par tous les moyens d’éviter l’atroce gardien mais rien ni personne ne pouvait l’empêcher de nuire. Il était partout dans le royaume.

Idéa ne comprenait pas comment une seule pensée, celle de parcourir le monde en toute liberté, pouvait la faire autant souffrir.

Elle imagina un moment que sa peur venait du caractère des croyances et de leur gardien. C’est alors qu’elle prit conscience d’elle-même. Idéa, petite pensée suave a pour unique nature celle de penser. Mais alors, se dit-elle, je ne suis pas différente de ces monstrueuses croyances ? Si je suis bloquée par mon unique pensée c’est que je suis prisonnière du gardien ? Dois-je trouver la source de ma pensée se demanda idéa.

Elle s’assit et s’arrêta un moment de penser à sa pensée et finit par ne plus penser à rien. Lorsqu’elle ouvrit ses petits yeux, elle était différente. Non pas dans la forme, mais dans la représentation d’elle-même. Elle ne s’identifiait plus à une pensée.

Idéa surpassa son intention de parcourir cet espace infini en toute liberté, car son seul désir devenait son unique souffrance. Le désir s’anéantit, la pensée disparut.

Idéa trouva instantanément la joie en se libérant de son désir et de l’attachement à sa nature. Toutes les croyances s’évaporèrent instantanément emmenant avec elles l’ignoble gardien qui, tout compte fait, ne faisait que les protéger.

 

Idéa s’évapora en une pléiade de poussière d’étoile et pu quitter le royaume des illusions, ce pays des rêves les plus fous. Elle voyagea éternellement et librement dans l’espace infini de la conscience sans plus jamais se heurter à aucune dualité.

 

FV