ARTS MARTIAUX

 

La voie de l’effacement

 

LA PHILOSOPHIE DU

MUGA DOJO

 

 

« L’entraînement n’est rien en comparaison du handicap ; l’exploration est plus intéressante que l’ennui. Faire don de son énergie à la connaissance et à la pratique est un chemin qui illumine le quotidien. »

Frédéric VIMES

 

Il ne faudrait retenir qu’un seul mot : « exploration ». Ce concept est une prise de conscience de la démarche établie qui amènera à la connaissance ainsi qu’à la compréhension du geste et de la pensée. Le mot « concept » est employé car il s’agit d’un « état général» développé par la personne toute entière. Non pas une pratique vagabonde, sans lendemain mais au contraire, un investissement total qui permettra l’acquisition de la technique, la maîtrise de soi et la paix intérieur. Explorer sans fin, jusqu’au dernier souffle de vie, aiguiser sa conscience, défier son mental afin qu’il ne faiblisse jamais, devenir la vie pour chaque seconde qui passe afin d’appréhender un quotidien semé d’embûches.

 

Le MUGA est une voie martiale basée sur les principes fondamentaux issus des techniques de boxes pieds poings, du karaté plein contact, des arts énergétiques et du Kali philippin dans un esprit d’apprentissage pragmatique et de développement personnel en tenant compte de l’évolution physique, psychologique, mentale et spirituelle du pratiquant.

Cette méthode de combat est un cheminement accompagnant le pratiquant tout au long de sa vie lui permettant ainsi d’assimiler le fait qu’il est lui-même l’acteur de son existence tout comme il sera l’acteur de sa pratique et de sa volonté à s’approprier cette méthode.

En intégrant le fait que l’orientation et le but de cette pratique sont « la paix intérieure » sans attendre en retour aucune récompense où titre, l’élève évoluera dans une sphère efficace, dénoué d’ego, visant l’harmonie ultime entre le corps et l’esprit, l’art et le mental, l’efficacité au service de la paix. Le principal outil sera l’élément spirituel qui laissera le pratiquant se mouvoir en toute liberté. L’état de paix intérieur devient la source essentielle de la créativité et de l’énergie vitale.

Un vieux proverbe Japonais de l’art militaire de l’escrime (Kendo) dit : « Si l’épée est fidèle, le cœur est fidèle, et si le cœur est fidèle, l’épée est fidèle » dans le sens où le cœur de l’homme qui tient l’épée se manifeste dans l’épée même.

Cette maxime s’applique à toute forme de combat à main nue, au bâton ou à l’épée si l’on considère que le corps est une arme ainsi que le bâton où l’épée…

Chacun des points principaux qui forment « le guerrier » seront abordés au fil des années de pratique afin qu’il devienne maître de sa propre volonté faisant ainsi naître le « courage ».

Le courage et la droiture ont été les valeurs essentielles du « Samouraï ». Qu’est-ce que le courage ? Selon Confucius, le courage est défini ainsi : «Percevoir ce qui est juste et ne pas le faire, montre un manque de courage »

L’athénien dira :- « mais voyons, le courage, comment devons nous le définir ? Est-ce simplement de cette façon, rien qu’un combat contre la peur et contre la souffrance ? Ou bien aussi contre les désirs, ainsi que contre les plaisirs et contre la redoutable caresse de certaines flatteries, qui amollissent comme une cire les cœurs de ceux qui se croient des hommes braves ? »

« De toutes les vertus, le courage est sans aucun doute la plus universellement admirée » a souligné plus récemment André Comte-sponville, philosophe français contemporain, rationaliste et humaniste.

Partout la lâcheté est méprisée, partout la bravoure estimée.

 

Ne devient pas guerrier qui veut, faut-il s’en donner les moyens et persévérer dans la douleur de l’entraînement. Il faudra passer les caps nécessaires pour contempler, un jour, peut-être, la maîtrise de l’art.

Préparation physique intensive, renforcement musculaire, rusticité mentale, explosivité, puissance, efficacité, endurance, souplesse seront les éléments essentiels afin de pouvoir accéder à l’enseignement supérieur. Toutes ces qualités sont la base de cette pratique.

Il ne pourra avoir une évolution psychologique, mentale et spirituelle que si le pratiquant ne se lance pas corps et âme dans la recherche de la connaissance de son propre corps et de ses limites. Il va devoir explorer, chercher, accepter, dans la souffrance comme dans la joie, chaque seconde de son entraînement jusqu’à ce qu’il comprenne que toute sa vie ne fait qu’un avec sa pratique et ce, afin que l’esprit devienne une arme efficace et redoutable ; Non plus dans l’illusion de l’égo, mais à l’aide de l’outil « corps » habile et affuté.

La voie est sans fin, elle se modifie au fil du temps, se transforme en fonction des ses capacités motrices et intellectuelles mais ne s’arrête jamais. Elle créée ainsi la discipline nécessaire au quotidien afin de parvenir à ces besoins ; elle développe le respect et l’amour de notre univers ; elle offre une valeur à notre existence sur terre, nous aide à accepter notre mort et celle de nos proches et surtout nous donne la possibilité d’accéder à une valeur fondamentale : le non-attachement.